Comment peut-on écrire cela avec le monde tel qu’il est en ce début d’année 2024, me direz-vous ? J’entends déjà les récriminations car mon propos peut agresser certains. Est-elle irraisonnée ? Se rend-elle compte de ce qu’elle dit ?
Je suis pleinement consciente des douleurs et malheurs de notre monde actuel. Plus ou moins proches, ils me touchent bien évidemment. Je les entends aussi tout au long de l’année au sein de mon cabinet. Mais je suis aussi consciente de toutes les joies et bonheurs quotidiens qui construisent notre monde. Souhaiter la joie n’est pas nier la réalité de la vie et de ce qu’elle nous apporte.
Je vous souhaite une joie lucide et réaliste !
Je ne vous parle pas d’un état béat qui évite les autres états émotionnels. Faire l’expérience de la joie, c’est accueillir la vie, consentir à ce que la vie nous offre, se donner droit et accès à cette vie coûte que coûte.
Je ne vous dis pas non plus d’être joyeux à tout prix. Attention à ne pas tomber dans le mantra de la « psychologie positive » qui trompe en invitant plutôt à être dans le déni des réalités de la vie et dans la gratitude à tout prix.
Je vous souhaite d’être joyeux même si… Je vous souhaite de pouvoir retrouver la joie dans l’adversité malgré les épreuves de la vie. Je vous souhaite d’approuver l’existence en général, de ne pas la vivre en ayant l’impression de subir, et d’y trouver du sens.
Je vous laisse méditer sur ces mots de Christian Bobin.
« Tout ce qu’on fait en soupirant est tâché de néant. Quoi que tu vives en cet instant, tu es vivant ! Préfèrerais-tu ne pas exister ? »


